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Musée de l'Informatique Pionnière en Belgique

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NAM-IP Infos 2017/1 – Recherche
Le colloque «Namur: pionnière du numérique» à l'occasion de l'inauguration du Computer Museum NAM-IP à l'Université de Namur, 28 octobre 2016

Plan du Colloque ▲

Namur, Capitale citoyenne, intelligente et innovante

Maxime Prévot, Bourgmestre en titre de la Ville de Namur et Vice-Président du Gouvernement wallon

Introduction

Smart city, c’est un sujet qui laisse place à de nombreuses questions et à un engouement certain parce qu’il parle de notre quotidien: environnement, emploi, mobilité, logement,… Ou parce que notre imagination a pris le dessus!

Il recouvre des réalités et projets qui touchent de multiples domaines. De nombreux critères qui nous touchent au quotidien permettent de positionner une ville comme smart city: services publics urbains et “citoyens” (éducation, santé, sécurité…), business, mobilité, communications, eau, énergie…

À ses débuts, la ville intelligente a été perçue comme un objet caricatural à l’architecture verticale où les façades des gratte-ciels servent de support à des potagers verticaux et où on habite au 17ème étage, on va travailler au 52ème tout en déposant les enfants à l’école au 35ème, le tout inséré dans un paysage où le véhicule, propre et électrique, n’a plus de roue mais se déplace dans les airs. Une ville où tout est technologique, où les clés ont été remplacées par vos empreintes digitales ou rétiniennes, où les panneaux publicitaires sont bien entendu digitaux et adaptent leur contenu à qui les regarde. Une ville où l’énergie est produite de manière durable et locale...

Si ces visions fantasmatiques ont largement été alimentées par des films comme «Minority Report» ou «Blade Runner», des projets réels comme ceux de l’architecte Vincent Callebaut dans le cadre du projet Paris 2050 montrent que cette réalité est peut-être celle de demain et montre combien l’être humain a une imagination sans limite!

Mais ne nous trompons pas! Aujourd’hui la vraie question n’est pas de savoir comment nous allons faire de nos villes des espaces où tout est digital mais bien de mettre à plat tous les problèmes vécus par nos citoyens et d’imaginer des solutions innovantes pour les résoudre.

Si la révolution numérique contribuera à la transformation de nos modes de vie urbains, des services offerts, et des modes de gouvernance de la ville, elle n’en sera pas la cause mais bien la solution.


Le concept Smart city

Smart city pour un développement humain, économique et environnemental

Imaginons la ville de la moitié du 20ème siècle par rapport à la ville du Moyen-Âge… Est-elle smart? Si l’on considère que l’adduction d’eau propre, l’existence des égouts, le réseau électrique,… sont des technologies qui ont réellement contribué à un mieux vivre dans les villes en apportant des solutions à des problèmes réels de salubrité par exemple, alors on est en plein dans la définition de la smart city.

C’est le premier postulat de la smart city: se placer dans une perspective de développement social, économique et environnemental au service de tous les acteurs de l’écosystème urbain. Il faut donc rester vigilant à ce que le réel progrès, celui qui assure à l’être humain un mieux-être, soit au cœur du projet Smart City, et éviter la tentation du bling bling technologique dont les seuls bénéficiaires seront les chasseurs de Pokémon.

Mise au-devant de la scène avec la démocratisation des moyens de communication légers (smartphones, tablettes,…), la smart city est avant tout un concept, un modèle de développement urbain durable qui tente de répondre aux énormes défis auxquels sont confrontés les milieux urbains aujourd’hui: densification, manque d’emploi, environnement pollué, mobilité, logement, sécurité, salubrité, gestion énergétique, des ressources en eau, des déchets…

L'Union internationale des télécommunication (UIT), agence des Nations-Unies pour le développement spécialisé dans les technologies de l'information et de la communication, définit la «Ville intelligente et durable» comme une «ville novatrice qui utilise les technologies de l’information et de la communication et d’autres moyens pour améliorer la qualité de vie, l’efficacité de la gestion urbaine et des services urbains ainsi que la compétitivité, tout en respectant les besoins des générations actuelles et futures dans les domaines économique, social, et de l’environnement [http://www.itu.int].


La ville est un écosystème

La ville, ce sont des habitants, des associations, des entreprises, des commerces, des écoles et universités, des institutions. Tous ces acteurs jouent un rôle dans la ville mais aujourd’hui, les interactions manquent ou, si elles existent, elles ne sont pas spécialement mutuellement profitables. Le deuxième postulat pour une ville intelligente c’est l’existence d’un réseau fort entre tous les acteurs de la Ville, réseau dans lequel chaque acteur joue un rôle et reçoit des bénéfices et où le pouvoir politique joue un rôle d’impulsion et de stimulation de l’écosystème et d’insertion de celui-ci dans un système à plus large échelle tant on sait que les décisions prises à de multiples niveaux de pouvoirs ont des conséquences sur la Ville elle-même : l’Administration joue alors un rôle d’interface en activant les leviers adéquats pour que le puzzle s’assemble.


Que retenir de tout ça?

Si les nouvelles technologies ne constituent pas un but en soi, elles constituent un moyen pour améliorer et rendre meilleures les relations entre les décideurs et les citoyens. Elles permettront alors de positionner les Institutions comme plateforme d’échange plutôt que comme émetteur ou récepteur d’informations dans un modèle où tout le monde en profite.

On remarque aussi l’objectif de développement social, économique et environnemental qui sous-tend les projets «smart».

Enfin, l’amélioration de la gestion urbaine et des services urbains est clairement mise en évidence dans cette définition.

Une ville n’est pas seulement intelligente parce qu’elle est numérique. Elle l’est aussi de par les interactions qui existent entre les citoyens et les institutions, entre les institutions elles-mêmes. 

 

Et Namur?

 Aujourd’hui, il y a autant de modèles et d’expériences «Smart» que de villes qui le revendiquent. Il n’existe pas plus de modèles de smart cities qu’il n’existe de modèles de villes ou de métropoles. La smart city ne se définit pas par ses solutions mais par les objectifs qu’elle cherche à atteindre. Il y aura autant de modèles smart qu’il y a de villes qui veulent l’adopter tant chaque ville a sa propre identité, ses propres besoins, ses propres infrastructures, sa propre histoire, sa configuration, ses projets, son identité socioéconomique et socioculturelle, ses connexions dans un réseau… Namur est dans ce cadre en train de se positionner dans ce concept à travers les domaines de l’offre de services aux citoyens, de la mobilité et des transports, des communications, de la propreté publique, du patrimoine et est amenée à se spécialiser en fonction de son histoire, de sa position géographique, et de son statut de capitale régionale.

 

Dans la déclaration de politique communale de décembre 2012, parmi les enjeux était énoncé l’objectif de faire de Namur une ville intelligente.

Ce point, débattu au Conseil communal en mars 2013 reste encore aujourd’hui en constante évolution, du fait des réflexions qui sont toujours en œuvre, des innovations technologiques qui se multiplient, de l’évolution de la ville de Namur.

Namur veut se placer à l’avant-scène des villes innovantes en matière de mobilité, de tourisme, de culture et de gouvernance.

Il y a 1 an, la Fédération Agoria a placé Namur au 2ème rang dans le classement des smart cities belges, sur base de critères tels que le nombre d’entreprises numériques, la qualité de l’air, l’état de rénovation des bâtiments, le volume de déchets par habitant et la consommation d'énergie,…

Les intentions de la Ville sont donc claires et nous avons désormais un rang à tenir, voire même à dépasser vu ce classement de 1ère ville wallonne.

Si nous en sommes arrivés à ce classement, c’est parce que Namur s’installe assurément dans une dynamique numérique. Toutes les actions déjà entreprises et les projets en cours nous ont dès lors incités à préparer très sérieusement, avec plusieurs partenaires, le dépôt d’un dossier de candidature dans le cadre du FEDER pour décrocher des fonds indispensables pour mener à bien notre politique. Ces fonds, nous les avons obtenus en grande partie, à hauteur de 30 millions d’euros!

Juste pour le rappel et la compréhension de l’intérêt du développement d’une Ville smart au cœur de l’Europe: Namur est nichée au cœur de la Wallonie, au confluent de la Meuse et de la Sambre. Elle s’étend sur 17.538 ha. Elle est la 3ème ville de Wallonie avec une population en croissance de 111.000 habitants. Un quart de ses habitants a moins de 20 ans. 30% ont plus de 65 ans. Les étudiants sont plus de 12.000. 130 nationalités différentes y sont représentées.

 

Son économie est principalement, et à 75%, relevant du secteur tertiaire. Les 4 principaux types d’employeurs de la Province de Namur sont, dans l’ordre, les services publics, l’enseignement, le service aux entreprises et le tourisme. La Ville de Namur est une ville de service qui accueille les services administratifs de la Région wallonne, de la Province et de la Commune, et la 6ème réforme de l’Etat amène chez nous d’anciens employés fédéraux devenus régionaux. Nous accueillons de nombreuses PME et de nombreux indépendants. La vitalité de nos parcs économiques situés en périphérie en est le témoin.

 

Quand on entend le nom de Namur, cela évoque des mots tels que Confluent, Citadelle, Parlement de Wallonie (plus personne n’ignore qu’il existe désormais ), Gouvernement wallon, mais aussi Folklore, Cinéma, Arts forains, centre piétonnier, boutiques et restaurants de qualités et variés, musées, université de Namur et hautes écoles de qualité, bon-vivre,…

Mais aujourd’hui, évoquer Namur, c’est aussi évoquer la Smart city, l’innovation, les fonds européens FEDER. Ces fonds européens obtenus par Namur, pour la 1ère fois de son histoire, à hauteur de 30.000.000 €, nous permettent aujourd’hui d’apporter à la Ville les modifications qui s’imposent pour la positionner sur la carte des villes qui comptent, des villes qui bougent, des villes qui innovent pour le bien-être de ses habitants et de ses usagers. À travers le portefeuille de projet Namur Innovative City Lab, brillamment porté notamment par nos partenaires du BEP, nous pouvons développer 9 projets différents, portés par nos partenaires, par la Ville et par le service public de Wallonie.

 

Il y a bien entendu le TRAKK, ce hub créatif, qui rassemble la Ville de Namur, l’Université, le Bureau Economique de la Province, la Ressourcerie Namuroise et le KIKK festival.

Ce hub créatif favorise le partage d’expériences, de savoirs, de techniques et de compétences, pour rendre l’innovation accessible à tous. Véritable incubateur pour les PME, le TRAKK comprend, entre autres, un «Creative Lab» pour booster la créativité des entrepreneurs, un laboratoire de fabrication «Fablab» doté d’imprimantes 3D pour façonner des prototypes, des studios ou encore un espace d’exposition bientôt ouvert au public. Il propose des rencontres, des animations collectives, des formations… En tant que vitrine des nouveaux médias et technologies créatives, le TRAKK propose également des workshops sur le thème de la ville intelligente, des espaces de démonstrations, des projets de co-design.

 

Plus qu’un lieu physique, le TRAKK est aussi un réseau d’entreprises, de particuliers, d’artistes, de développeurs, designers, étudiants, chercheurs, architectes, ingénieurs, codeurs créatifs, makers, hackers, animés par la même volonté de travailler ensemble en décloisonnant les disciplines.

Quant à la Ville elle est à la manœuvre pour l’aménagement de l’Espace Confluence, le Grognon, autour de 4 projets d’importance capitale : le port numérique et son esplanade, la modification des voiries pour permettre à cet Espace confluence de tenir en un seul tenant et la passerelle cyclo-piétonne qui enjambera la Meuse grosso-modo du Parlement au Gouvernement.

 

Plus qu’un un lieu de rencontres, d'échanges permanents et de dynamique créative, Le Port Numérique et son esplanade, conçu comme un véritable living lab, sera le lieu d’expérimentation, par le citoyen et les différents utilisateurs, des services et produits innovants en phase de conception notamment au niveau du TRAKK. Le port numérique sera la vitrine publique de ce qui se fait ailleurs. L'approche participative qui est un des fils conducteurs du portefeuille de projets implique que le citoyen se sente concerné par le processus d'innovation urbaine. Sa collaboration intervient au niveau de la plate-forme virtuelle collaborative, où il est amené à donner son avis, suggérer, participer à l'identification de nouveaux besoins ou services, mais elle intervient également dans son retour d'expérience sur les innovations testées au niveau de l'espace Confluence. Le port numérique est donc un bâtiment qui se voudra emblématique et fédérateur de l’identité namuroise au sein d’un espace plus large, celui de la Confluence. Il est destiné à être le berceau d’une dynamique et le rassemblement de différents réseaux. L’animation y sera essentielle pour stimuler la connectivité et accompagner utilement les innovations et les initiatives créatives naissantes.

 

Il comprendra plusieurs espaces :
1. Un espace horeca… …qui proposera une cuisine idéalement créative et de circuit court, avec un service de qualité, une connexion internet performante laissant la possibilité de travailler dans un espace ouvert et convivial.
2. Un espace d’accueil… … où l’on vient déposer et chercher de l’information, un espace média, une bibliothèque,…
3. Une grande halle polyvalente … pour accueillir divers événements toute l’année : expositions, conférences, performances, living lab.

Ces espaces seront centrés sur le numérique et les nouveaux métiers en entretenant la sociabilité urbaine.

 

Au sein du portefeuille Namur Innovative City Lab, nous avons également d’autres belles surprises qui vont éclore sous le dénominateur commun d’Espaces urbains intelligents.

Il y a le STI, le Système de Transport Intelligent.

Il s’agit d’un service rendu aux utilisateurs des divers moyens de transport qui a pour objectif d’influencer les comportements de mobilité. En rassemblant, traitant et diffusant en temps réel un maximum de données notamment par des réseaux de caméras et de capteurs, disponibles en live via les sites internet, les applications mobiles, les réseaux sociaux, les panneaux dynamiques,… nous voulons aider les usagers à se déplacer et se stationner à Namur le plus facilement possible. Des itinéraires ou des modes de déplacements alternatifs seront par exemple proposés. Cet ambitieux projet s’inscrit dans le schéma de mobilité de la Ville. Il permettra aussi d’agréger des statistiques sur différentes échelles de temps afin d’élaborer de nouvelles stratégies.

 

La Ville a travaillé en collaboration avec le SPW, la Police de Namur, le groupe TEC – SRWT, le centre Perex, la direction des routes de la Région wallonne, la direction de l’électromécanique (expertise technique), … afin de garantir la cohérence et la globalité de ce projet.

 

En parallèle, la Ville a convenu d’un partenariat public-public avec la SOFICO et le SPW pour le partage des informations et des infrastructures, dont le réseau de fibre optique.

La Ville se propose également de passer une convention avec l’Agence wallonne de l’Air et du Climat pour installer une station d’analyse d’air qui sera couplée à des capteurs sur voirie afin d’avoir également une approche environnementale du trafic, dans le cadre des objectifs européens «bas carbone».

 

Le service de Cohésion sociale de la Ville s’investit, lui, depuis plus de 20 ans dans des quartiers à haute densité de population, par la présence d’équipes d’éducateurs et d’animateurs qui développent une palette d’activités socio-préventives et éducatives, ainsi que socio-culturelles de type collectif et communautaire. Ces activités s’adressent prioritairement aux habitants de ces quartiers dans une perspective d’émancipation du public, de décloisonnement et d’ouverture du quartier à l’ensemble de la population namuroise. La finalité recherchée est de garantir davantage de cohésion sociale locale en favorisant l’accès aux droits fondamentaux des personnes défavorisées, la mixité sociale et le vivre ensemble.

 

Le service de cohésion sociale participe à la dynamique smart city en implémentant une dimension socio-numérique au sein de ces quartiers. L’objectif visé est de combler la fracture numérique en créant un projet pilote innovant sur le quartier de Bomel en vue de favoriser le développement intelligent de celui-ci. Le but ensuite consiste à ‘contaminer’ les autres quartiers du même profil et de les mettre en connexion avec le reste de la Ville et en particulier les différents lieux d’expérimentation et d’innovation technologique.

 

La finalité à poursuivre, à travers ce volet social du projet FEDER, consiste à répondre à certains besoins sociaux et sociétaux des publics fragilisés par des solutions technologiques et divers supports numériques (dont la création d’applications spécifiques et ciblées) dans une démarche de co-construction avec les habitants et l’ensemble des forces vives de ces quartiers. Il s’agit donc de créer une nouvelle manière de traiter les difficultés et problématiques sociales en utilisant le numérique et les avancées technologiques en vue d’apporter des améliorations sensibles aux difficultés rencontrées par cette population.

 

Le service de Propreté publique a mis en route 2 projets novateurs. Celui d’abord des conteneurs enterrés et intelligents, qui capteront le degré de remplissage de ces récipients. Cela évitera de devoir à l’avenir sortir les poubelles le soir, poubelles souvent malmenées par les étudiants de retour du Bunker en pleine nuit… Cela permettra aussi d’éviter de devoir trouver un espace intérieur où les stocker en attendant le passage des camions poubelles. Le deuxième dossier est celui du développement d’une application mobile pour la gestion complète et intégrée des déchets qu’ils soient recyclables, compostables, encombrants, ordinaires, en verre, en papier, en plastique… Enfin, last but not least, la mise en lumière de la citadelle avec un balisage intelligent du cheminement piéton avec une dimension de valorisation patrimoniale.  

 

Mais au-delà de l’obtention de fonds FEDER, nous avons résolument avancé pour (1) développer en interne la smart attitude et (2) améliorer le service et l’information au citoyen.

 

L’e-gouvernance consiste à profiter des possibilités offertes par les technologies de l’information et de la communication afin d’améliorer le fonctionnement des services publics à tous les niveaux tant en interne entre les services de l’administration que dans ses relations avec les citoyens. Le souhait restant de placer l’usager au cœur des préoccupations de l’administration.

Nous voulons clairement armer l’administration afin qu’elle soit en mesure d’assumer les projets dans la lignée du concept ville intelligente. Il faut renforcer la communication et la transversalité entre les services.

 

Pour cela, les services administratifs devront, notamment:
• Tirer parti de la masse d’informations qu’ils possèdent pour mettre en place de nouveaux services à la population

• Coordonner leurs ressources pour fonctionner encore plus efficacement

• Améliorer la relation avec les citoyens

• Améliorer les performances de l’administration notamment grâce à un changement de culture et d’organisation.

 

Pour améliorer le service et l’information aux citoyens, nous disposons de plusieurs outils. La Maison des citoyens a à cœur d’augmenter et d’être attentive à l’accessibilité des services communaux. Elle accueille quotidiennement entre 800 et 1000 personnes. Elle répond d’ores et déjà aux attentes des personnes en situation de handicap et de leurs proches en utilisant les nouvelles technologies : boucle auditive (qui permet aux malentendants de bien comprendre les propos de l’agent qui est en face) , Handicare (guichet unique centralisant toutes les demandes et dossiers administratifs susceptibles de rencontrer les personnes porteuses d’un handicap) et partenariat avec l’asbl On Wheels qui mesure, à l’intention des chaisards, les largeurs de portes et les hauteurs de marches des établissement ouverts au public,…

Il y a aussi l’informatisation de l’attente avant le passage au guichet, la diffusion de capsules vidéo expliquant le fonctionnement de l’administration sur grands écrans, une grosse quinzaine de documents administratifs que l’on peut commander et payer en ligne, un système d’avertissement par sms pour rappeler un rendez-vous ou prévenir de la disponibilité de la carte d’identité commandée,…

 

Le département des ressources humaines a souhaité moderniser ses méthodes de sélection de candidats en utilisant un nouveau logiciel de gestion des candidatures. Grâce à la numérisation des données, les démarches sont facilitées pour le postulant ; cela permet également un suivi plus efficace et rapide des candidatures tant pour le personnel que pour les candidats.

C’est déjà lors de la précédente législature, et de manière totalement inédite par rapport à ce qui se pratique dans les autres communes belges, que la Ville de Namur a mis en ligne sur son site Internet, la totalité de ses 800 règlements communaux, alors qu’aucune obligation légale ne l’impose, la publication aux valves de la commune restant la seule obligation. C’est là aussi le témoin de notre volonté très affirmée d’améliorer la mise à disposition de l’information à l’ensemble des acteurs de notre Capitale wallonne.

 

Difficile de ne pas évoquer les nombreuses fonctionnalités disponibles sur le site Internet et de passer sous silence que le site internet nouvelle mouture attendu depuis longtemps est pour bientôt, plus fonctionnel, plus interactif, plus fun.

Il y a

• l’agenda en ligne, mis à jour jusqu’à la veille encore des événements annoncés

• la cartographie de la ville, merveilleux outil qui reprend une multitude d’informations utiles, sans doute pas assez utilisées (cadastre, voiries, urbanisme, plans de ville, toponymie, etc.)

• les démarches de A à Z, les procédures en ligne

• le logiciel de suivi des interventions

• le cadastre des défibrillateurs

• les inscriptions en ligne aux stages jeunesse et sport

• la commande de documents en ligne avec paiement en ligne pour plus de 16 actes ou certificats

• le répertoire du Conseil Consultatif du social qui facilite la recherche en fonction de la problématique

• le catalogue des bibliothèques qui permet de localiser un livre, vérifier sa disponibilité, le réserver ou prolonger son prêt.

 

Nous pouvons encore citer le périodique Namur Magazine  accessible sous forme numérique, le placement d’e-beacons aux endroits touristiques et stratégiques de Namur, la toute nouvelle application NConnect au profit des commerces namurois mis à disposition du public par GAU,… 

 

L’e-gouvernance passe aussi par l’utilisation de l’open data qui nécessite de veiller à la qualité, à la forme des données, et leur mise à disposition du public sous des formats les plus appropriés, pour faciliter et inciter à leur utilisation et valoriser les applications produites.

L’Open Data constitue un bel avantage mais aussi un défi pour le secteur public. Celui-ci dispose en effet de données très intéressantes qu’aucun organisme privé n’a pris la peine de récolter ou ne peux récolter. Diffuser ces données, épurées de tout ce qui touche à la vie privée, gratuitement, via ou en vue d’applications technologiques à concevoir par le privé et faciles d’utilisation est un «plus» pour les villes. Qu’il s’agisse de données urbanistiques, cadastrales, de mobilité, de sites d’intérêt culturel,…

Le défi est d’arriver à ce que chaque service détenteur d’informations, qui peuvent parfois sembler insignifiantes si elles sont isolées, édite ces données dans des formats communs utilisables par le plus grand nombre.

 

Au niveau des voiries, nous disposons d’un Plan de gestion des voiries communales. Il s’agit d’un outil en ligne conçu et géré par la Ville qui permet de connaitre, par cartographie, la situation des travaux de voirie à une date donnée. Il permet aussi de voir des cartes prévisionnelles et en fait donc un véritable outil de gestion à long terme des voiries communales.

 

Tous les projets et rénovations de bâtiments sont également conçus dans l’esprit smart: La réhabilitation du cinéma Caméo, la rénovation de l’ancienne caserne Terra Nova et du corps de garde, la reconstruction du Pavillon de Milan sur l’esplanade de la Citadelle (j’y reviendrai brièvement), le smart lighting via le remplacement des anciens systèmes par des led moins énergivores et munis de détecteurs de présence, le cadastre des bâtiments et de leur consommation énergétique

Nous avons d’ailleurs validé il y a quelques mois, un protocole d’accord avec Engie pour obtenir un diagnostic énergétique pour développer une stratégie globale dans le cadre d’une vision à long terme d’entretien des bâtiments communaux et d’économies d’énergie.

 

En termes de mobilité, nous nous réjouissons de l’arrivée imminente d’un système de paiement de parking via smartphone qui offrira l’avantage de payer le temps réellement utilisé, de ne pas être aux abois sans pièces de monnaie ou carte de banques pour les meilleurs horodateurs, de ne plus enquiquiner les commercants à qui on quémande un petit change.

En ce qui concerne l’occupation du domaine public, c’est l’arrivée encore plus imminente d’un logiciel ODP (occupation du Domaine public) qui permettra, une meilleure gestion en amont et pendant les événements qui se déroulent sur le domaine public, sur nos places, dans nos rues. L’ensemble des services consultés habituellement (police, voirie, Dps, sports, fêtes, information et communication,…) et les citoyens verront leur travail facilité et agrémenté.

 

Sur le domaine public, ce ne sont pas moins de 26 antennes WIFI qui sont petit à petit déployées à Namur et Jambes. Ce projet Digital Wallonia, porté par la Wallonie, permet jusqu’à 300 connexions simultanées. 6 sites sont déjà équipés: l’hôtel de ville et les jardins du mayeur, la place du théâtre, le Parc Astrid, la places d’Armes, les Abattoirs de Bomel et la Place de la Wallonie. Ce nouvel équipement urbain a davantage pour objectif de booster le tourisme plutôt que de permettre ces terribles chasses aux pokemons…

Enfin, juste un mot sur le Pavillon de Milan qui aura pour fonction principale d’assurer l’acquisition de compétences numériques chez tous les wallons, à chaque étape de leur vie et de leurs parcours. Au travers du Plan Marshal 4.0 et avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme et du Plan numérique wallon, ce Pavillon devra pouvoir offrir un lieu unique pour comprendre la transition de notre société vers le numérique, tant pour le grand public, avec une orientation particulière vers la jeunesse que pour les entreprises avec une orientation particulière vers le secteur touristique.

 

Pour enfin conclure, je voudrais dire ceci:

Développer une dynamique d’innovation urbaine au service des citoyens et faire rayonner Namur comme Capitale régionale et à l’international, c’est :

 

• Faire émerger de nouveaux produits et services urbains, définis par les besoins des acteurs de la Ville, dont les citoyens insérés dans une dynamique participative, dans les domaines de la mobilité, du traitement des déchets, de la santé, de l’inclusion sociale, de la gestion des espaces urbains…

• Favoriser l’émergence d’un écosystème composé de la Ville, de l’Administration wallonne, des Institutions d’enseignement supérieur, des associations, des PME, des citoyens dans un système d’échange et de construction qui fonctionne dans les deux sens: Top-Down et Bottom-Up, dans un modèle relationnel de symbiose ou de mutualisme, à mettre en rapport avec le modèle d’économie collaborative.

• Transformer les idées en produits et services, notamment avec l’aide du hub créatif et des entreprises locales, avec la Ville pour assurer la connexion entre tous les acteurs de l’écosystème et jouer le rôle d’interface vers le régional, le national et l’international.

 

 L'écosystème d'innovation urbaine présenté se veut démonstratif de ce que peut développer une ville en termes de nouveaux services urbains et d'évolution du modèle de gouvernance. Cette stratégie ne doit pas seulement être destinée ou basée sur le développement du seul territoire namurois. Il doit être ouvert sur l'extérieur, soutenir l'innovation fondée sur la pratique et le besoin (et non sur une approche strictement technologique et produit) et assurer un suivi quant à l'adoption et à la diffusion des connaissances et de l'innovation.

L’objectif final reste le bien être des habitants!

Une smart city est une ville où il fait avant tout bon vivre et travailler. Les enjeux auxquels doit répondre Namur sont ceux de la mobilité, du développement de modèle innovant de gouvernance, de renforcement de l’attractivité des fonctions urbaines et bien sûr de cohésion sociale.

Pour continuer à mériter cette 1ère place Wallonne, la Ville de Namur, pionnière en la matièreJ, avance et se dote d’outils et d’infrastructures le lui permettant.